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    Titre : Le Bon tabac.

    Auteur : CONINCK Pierre Louis Joseph (1828 - 1910)

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    Date représentée :

    Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

    Technique et autres indications : Négatif monochrome sur support verre, peinture Exposé au Salon des Artistes Français de 1910

    Lieu de Conservation : adidas original superstar ii original superstar adidas adidas ii superstar original DHE9I2eWYb Agence photographique Rmn, fonds Druet-Vizzavona site web

    Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - F. Vizzavona site web

    Référence de l'image : 97-024808 / VZC7542

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    © Photo RMN-Grand Palais - F. Vizzavona
    Date de publication : juillet 2012

    Professeur d'histoire contemporaine IUFM et Université Claude Bernard Lyon 1. Responsable Université pour tous, Université Jean Monnet, Saint-Etienne.

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    Contexte historique

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    Une société enfumée

    Une peinture transformée en photographie répond peut-être à une opération de vulgarisation de l’œuvre d’art : la toile sort ainsi de son cadre et part à la rencontre d’un large public. Ici un tableau de Pierre de Coninck (1880) est photographié en noir et blanc par François Vizzanova et exposé au Salon des artistes français en 1910.

    Il témoigne surtout de la banalisation d’un comportement : les femmes ont désormais libre accès à la consommation tabagique. Du moins dans la forme traditionnelle qu’avait amorcée Catherine de Médicis en son temps : la prise. Depuis le XVIe siècle et son apparition sur les côtes atlantiques, le tabac est en effet « pétuné », c’est-à-dire pris en s’en farcissant le nez. L’usage indique même la condition sociale de son utilisateur, et, durant le Grand Siècle, les gens de condition ont défini la manière et le style de la prise. Après la Révolution, l’usage du tabac s’est démocratisé. Mais c’est le tabac chaud qui joue la vedette. Le tabac de pipe, les cigares et, depuis les années 1850, les cigarettes brûlent le corps social. Entre 1870 et 1910, la consommation des cigarettes est multipliée par trente.

    La prise est encore présente. Et ce sont les femmes, même de modeste condition, qui la pratiquent. En effet, la fume n’est guère admise dans la gent féminine : elle signale les excentriques dans la bonne société et les prostituées dans le peuple. En revanche, la prise fait « bon genre » et ne représente pas une atteinte à la féminité. De six millions de kilos sous le premier Empire, la poudre à priser a atteint près de huit millions sous le second Empire, soit le quart du tabac consommé. Il en vient d’Espagne, parfumé, et aussi de Virginie, amalgamé à des récoltes du Lot, du Nord et du Pas-de-Calais. Les manufactures d’État de Pantin, Morlaix, Dijon, Châteauroux produisent la meilleure poudre du monde. Dans le dernier tiers du XIXe siècle, la consommation de tabac connaît un premier apogée.

    Analyse des images

    La femme qui prise

    Le peintre nordiste Pierre de Coninck, né et mort à Méteren (1828-1910), a fait une carrière modeste, malgré son Grand Prix de Rome de 1859. Après des études à l’école de peinture d’Ypres, puis de Lille, il est reçu à l’école des Beaux-Arts de Paris. On lui reconnaît un certain talent à portraiturer femmes et jeunes filles (Ballerine au repos, La Petite Charmeuse adidas original superstar ii original superstar adidas adidas ii superstar original DHE9I2eWYb, La Fillette aux fraises, La Jeune Violoniste…).

    Ici, le tableau montre une veille femme en train de porter quelques grammes de poudre tirés de sa tabatière jusqu’à son nez afin de « pétuner » comme on ne dit plus depuis le Grand Siècle. La tabatière de forme ovale, qu’elle tient encore dans sa main gauche, est constituée de deux pièces, peut-être en corne, articulées par une charnière. Il s’agit d’une tabatière visiblement très simple comme on en faisait depuis le XVIIe siècle. Le thème du tableau rappelle ces belles dames de Boilly qui, dans les années 1820, se farcissaient le nez et disaient avec emphase « ah, qu’il est bon ! ». Mais là, en cette fin de siècle, point de beauté ni d’élégante extravagance. Les habits simples, la coiffe traditionnelle, jusqu’au regard un peu vide et aux traits lourds du personnage, suggèrent un parti pris minimaliste de l’artiste. S’agit-il de souligner la banalité du geste ou la médiocrité de la personne ?

    Interprétation

    Fin de siècle pour la prise

    La prise vit pourtant ses derniers bons moments. Avec la IIIe République, le tabac à priser entame son déclin : en 1874, les Français en ont consommé 7 500 000 kg ; leur consommation s’affaisse à moins de 5 millions en 1913. À la veille de la Première Guerre mondiale, cette sorte de tabac ne correspond plus qu’à 10 % des quantités vendues en France sous le monopole de la Régie des tabacs.adidas original superstar ii original superstar adidas adidas ii superstar original DHE9I2eWYb

    Face à la démultiplication de « l’homme à la cigarette », la femme qui prise fait pauvre figure. Soupçonnée d’archaïsme, de conservatisme, elle heurte la civilisation du progrès que les républicains tentent de mettre en place. Mais à l’inverse, dans la mesure où les voies de la fume lui sont fermées pour cause d’inconvenance, dans la mesure où les seules fumeuses admises sont les prostituées et les femmes légères, la pratique de la prise, partagée entre hommes et femmes depuis l’âge classique, pourrait bien être une action, certes discrète, mais réelle, en faveur d’une certaine égalité des sexes, dans une société sans feu ni loi.

    Bibliographie

    · Bénigno CACÉRÈS, Si le tabac m’était conté…survetement tiro survetement nouvelle 11 adidas adidas homme trshxBQdC, Paris, La Découverte, 1988.

    · Anatole JAKOVSKY, Tabac-magie, Paris, Imprimerie Le Temps, 1962.

    · Didier NOURRISSON, Histoire sociale du tabac, Paris, Éditions Christian, 2000.

    · Didier NOURRISSON, Cigarette. Histoire d’une allumeuse, Paris, Payot, 2010.

    Didier NOURRISSON, « Femme en prise », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 08 août 2019. URL : http://www.histoire-image.org/fr/etudes/femme-prise
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